Jean Moulin
Collège
Marseille
 

Interview des journalistes de France 2

mercredi 26 mars 2014

Maxime Souville (JRI/ Caméraman freelance)

1. Quelles études faut-il faire pour devenir journaliste ?
Maxime Souville : En théorie, tout peut mener au journalisme. Dans les faits, aujourd’hui, il faut mieux passer par une école (attention, une école reconnue par la profession). J’ai fait des études d’histoire à l’université puis je suis entré au Centre de Formation des Journalistes (CFJ), à Paris.

2. Quels sont les différents métiers dans le journalisme ?
Maxime Souville : Je ne sais pas si l’on peut parler de différents métiers, je dirai plutôt qu’il y a différents types de journalisme en fonction du média notamment.
Il y a les journalistes de presse écrite, les journalistes web, les journalistes radio et les journalistes télé. Dans la catégorie des journalistes télé, il y a les rédacteurs, ceux qui posent les questions et les caméramans, ceux qui filment.
Et puis il y a une autre catégorie, plus récente, les JRI (Journalistes Reporters d’Images), on pose les questions et on filme en même temps.

3. Est-ce que ce métier vous plaît ? Pourquoi l’avez-vous choisi ?
Maxime Souville : Mon métier me plaît lorsque je suis sur la route que je découvre de nouveaux paysages, des gens qui me racontent une partie de leur vie. J’ai fait ce métier parce que je suis curieux et que j’avais envie d’un métier qui me surprenne, qui me fasse rencontrer des gens nouveaux chaque jour.
J’aime aussi l’idée d’avoir un métier qui a du sens : informer les gens.

4. Comment trouvez-vous vos sujets pour les reportages ?
Maxime Souville : Les reportages que nous faisons sont soit commandés par des rédacteurs en chefs, soit nous trouvons les idées nous-mêmes. Pour trouver les idées, chacun son truc, certains vont chercher des sujets en copiant des confrères (ex : je suis journaliste télé, je ne sais pas quoi faire, je regarde ce qu’ils racontent dans le Parisien et j’en fais un sujet télé) d’autres vont se creuser la tête pour trouver la bonne idée, vont écouter tout ce qu’on leur dit, vérifier (on dit creuser) et si ça vaut le coup, proposer d’en faire un sujet.

5. Comment préparez-vous vos interviews ?
Maxime Souville : En s’entretenant avec les personnes par téléphone auparavant, en interrogeant d’autres personnes pour vérifier si ce qu’ils ont dit est vrai et, très important (pour moi en tout cas), en notant mes questions sur un bout de papier pour ne pas les oublier :)

6. Quel matériel utilisez-vous pour vos reportages ? Quels sont les types de caméra ?
Maxime Souville : Cela dépend, lorsque je travaille pour « le Magazine de la Santé », sur France 5, je travaille avec une grosse caméra d’épaule (environ 10 kilos), quand je travaille pour « Echappées belles », sur France 5 aussi, je travaille avec une caméra de poing, plus légère mais un peu moins stable et enfin, pour le « 13h15 », sur France 2, vous avez pu remarquer qu’on travaille avec des appareils photos, qui ont aussi une fonction vidéo et qui permettent de faire des images proches du cinéma.

7. Quelles sont les qualités d’un bon journaliste ?
Maxime Souville : Je pense que la curiosité dont j’ai déjà parlé est essentielle. Il faut aussi de l’humilité, savoir s’effacer devant son sujet, « la star », ce n’est pas le journaliste, c’est ce que dit l’interviewé. Je crois aussi qu’il faut savoir être tenace et intransigeant. Ne jamais se complaire dans la facilité et respecter les spectateurs.

8. Quel est le reportage dont vous êtes le plus fier ?
Maxime Souville : Il y a quelques années j’ai tourné un reportage assez long sur le burn-out des médecins (l’épuisement professionnel). J’ai réussi à filmer des médecins qui parlaient de leurs doutes, de leur détresse, des paroles assez rares car les médecins n’aiment pas se montrer « souffrants ». Mes collègues étaient surpris et m’ont félicité d’avoir réussi à filmer ces propos. Les médecins qui ont vu ce sujet m’ont aussi félicité et certains se sont sentis moins seuls lorsqu’ils ont vu leurs collègues témoigner de cette maladie. Je suis content car j’ai mis du temps à convaincre ces médecins de témoigner, j’ai réussi à établir un lien de confiance et je pense que ce reportage a contribué à fissurer un tabou et c’est pour ça que j’en suis assez fier.
J’aime aussi quand les gens sont surpris par un reportage. Récemment, j’ai tourné un épisode d’ « échappées belles » au Burkina Faso et je me suis creusé la tête pour trouver des sujets originaux. Résultat, une émission assez loin des clichés sur l’Afrique et qui montre un pays dynamique, en pleine mutation, des burkinabés entreprenants, soucieux de développer leur pays mais en préservant leurs traditions. Ca fait plaisir quand vous apprenez que 800.000 personnes ont regardé l’émission. Quand en plus un ami franco-burkinabé vous félicite en vous disant que vous avez bien pigé le pays, vous êtes plutôt content de votre boulot.

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interview France 2
 
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