Jean Moulin
Collège
Marseille
 

Maîtriser les principaux sujets d’expression écrite (Rédaction)

lundi 20 octobre 2008

Voici une présentation des différents exercices d’écriture qui peuvent vous être proposés au Brevet.

Les sujets proposés vous demandent presque toujours de mêler plusieurs formes de discours, et parfois plusieurs types de textes : une lettre contenant une partie narrative et une partie descriptive, un dialogue argumentatif entre deux personnages et inséré dans un récit, une description insérée dans un article de journal...

I. Rédiger un récit complexe

a) Structure et schéma narratif

Votre récit doit progresser logiquement et suivre un plan. Pensez à organiser votre devoir en paragraphes (retour à la ligne avec alinéa).
- Le premier paragraphe correspond à une introduction, qui donne des précisions sur les acteurs (narrateur, personnages) et sur les circonstances de l’action. Il s’agit de la situation initiale. (qui répond aux questions : qui ? quand ? où ? comment ? pourquoi ?)
- Les paragraphes suivants racontent le déroulement de l’action. Ce sont les péripéties (série d’actions). Utilisez des connecteurs chronologiques variés : soudain, à ce moment-là, deux heures plus tard, puis, enfin...
- Le dernier paragraphe constitue la conclusion. Il s’agit de la situation finale, atteinte une fois les péripéties achevées. Vous pouvez l’introduire par : depuis lors, à partir de ce jour, désormais...

b) Narrateur et point de vue

L’analyse du sujet vous a permis de déterminer le narrateur et le point de vue à adopter :
- Si vous devez raconter une expérience personnelle, vous êtes le narrateur et vous devez adopter le point de vue d’un(e) adolescent(e), même si vous inventez ce récit. Votre récit est à la première personne. Pensez à toutes les marques de subjectivité qui pourront enrichir votre devoir : j’ai alors ressenti..., il m ‘a semblé..., j’ai eu l’impression...
- Si vous devez raconter à partir du point de vue d’un personnage, il faut vous mettre à sa place, et raconter ce qu’il a vécu, à la première personne, bien que ce ne soit pas de vous qu’il s’agisse. Pensez bien aux accords qui varient en fonction du narrateur (homme ou femme).
- Si vous devez raconter à la troisième personne, le narrateur est omniscient ; enrichissez votre devoir en adoptant un point de vue externe pour décrire les personnages, raconter les événements, et un point de vue interne pour faire apparaître les pensées du héros : Il s’avança alors.. .Ilse sentait terrifié à l’idée de...

c) Système des temps
- Un récit est le plus souvent rédigé dans le système du passé : les événements ont eu lieu à un moment déterminé ou non, “ce jour-là”, et sont donc racontés à l’imparfait et au passé simple. Pour les événements antérieurs, utilisez le plus-que-parfait, et, pour les événements postérieurs, le conditionnel présent à valeur de futur dans le passé.
- Si le sujet vous le demande, rédigez votre récit dans le système du présent.
Remarques
• Même dans un récit au passé, les passages de dialogue sont rédigés dans le système du présent : présent, passé composé ou imparfait, futur.
• Un récit vivant comporte des passages de dialogue, de description, d’analyse.

II. Écrire une suite de texte

a) Une suite de texte est un récit complexe. Attention au cadre spatio-temporel, pour éviter tout anachronisme.
b) Cherchez, dans le texte de départ, des détails qui enrichiront votre imagination. Les questions auxquelles vous avez répondu dans la première partie de l’épreuve attirent votre attention sur les éléments essentiels du texte.
c) Recopiez la dernière phrase du texte pour imaginer sa suite immédiate, sans ajouter trop d’éléments nouveaux. (Évitez d’ajouter d’autres personnages, qui risquent, par exemple, de compliquer inutilement votre récit.)

III. Imaginer un dialogue

a) inséré dans un récit
Un passage de dialogue rend un récit plus vivant.
- Les paroles des personnages sont rapportées directement, dans un registre soutenu ou courant en fonction de leur statut social. (N’utilisez pas le registre familier, même pour faire parler des adolescents...). Éliminez les répliques banales (Bonjour, comment vas-tu ? — Bien, et toi ?) que vous pouvez résumer pour aller à l’essentiel : (Je fus heureux de rencontrer mon ami et lui demandai aussitôt ce qu’il pensait de...).
- Utilisez les temps du système du présent : présent, imparfait ou passé composé, futur.
- Employez des verbes de parole pour montrer le changement d’interlocuteurs s’ils sont plus de deux. Utilisez-les également, même si seuls deux personnages dialoguent, pour préciser le ton sur lequel les paroles sont prononcées. Servez-vous de verbes plus précis que “dire” (Rétorqua-t-il en haussant le ton, furieux de mon objection... Mon père me regarda alors droit dans les yeux avant de déclarer froidement...) et variez leur position : vous pouvez les placer avant une réplique, au milieu ou à la fin de celle-ci. Evitez de répéter le nom des personnages utilisez des substituts (pronoms, synonymes, périphrases)
- Respectez la présentation du dialogue : allez à la ligne avec un alinéa au début du dialogue et ouvrez les guillemets pour la première réplique. Pour chaque réplique suivante, allez à la ligne, faites un alinéa et mettez un tiret. En fin de dialogue, fermez les guillemets.
- Ne perdez pas de vue votre récit : le dialogue doit être utile à la progression de l’action (pour prendre une décision, par exemple). Pensez à interrompre votre dialogue avec des passages de récit, de description, plus ou moins longs, toutes les quatre ou cinq répliques.

b) inséré dans une pièce de théâtre
- Les répliques des personnages constituent tout le devoir, précédées du nom de celui qui prend la parole : seules quelques didascalies servent à indiquer les déplacements, les gestes, le ton des personnages. Elles figurent en italique, entre parenthèses. Ex. : ANTIGONE, murmure, le regard perdu.
- N’oubliez pas de concentrer l’action : pas d’ellipse temporelle ni de changement de lieu au théâtre...
- Caractérisez nettement chaque personnage grâce à son registre de langue, variez les types de phrases et la longueur des répliques pour montrer qui l’emporte dans le dialogue, celui-ci étant la plupart du temps argumentatif.

IV. Rédiger une description ou un portrait

La description ou le portrait (description d’une personne) permettent au lecteur de se représenter un lieu ou un personnage. Ils enrichissent le récit.

a) Pensez à introduire la description par le regard d’un personnage (des verbes de vue), ce qui vous permettra de transmettre ses émotions et ses réflexions face à ce qu’il décrit. Elle distingua.. Ce visage lui rappela..

b) Ordonnez votre passage descriptif : du premier plan à l’arrière-plan, ou de gauche à droite en suivant la progression du regard, de la silhouette aux détails plus précis, de haut en bas, pour un personnage...

c) Sélectionnez quelques détails significatifs, utiles pour créer une atmosphère plaisante ou déplaisante et pour permettre à votre lecteur de comprendre ce que ressent le narrateur ou le personnage qui décrit. Évitez par exemple les remarques neutres comme : Son nez était normal.

d) Remplacez les expressions “être” et “il y a” par des termes plus précis : des verbes de position (se trouver, se situer, se dresser, s’étaler...), des verbes de perception (...s’offrait à sa vue, il distingua..., elle aperçut..., je remarquai...), des verbes de sentiment (je me sentais transporté de joie en admirant..., ce paysage m’émerveillait, son allure l’effraya, son air farouche m’impressionna...).

e) Enrichissez vos groupes nominaux à l’aide d’expansions du nom : adjectifs qualificatif et groupes nominaux compléments du nom, propositions subordonnées relatives qui permettent votre lecteur de se faire une image précise de ce que vous décrivez : taille, forme, cou1eurs matières...

f) Utilisez des comparaisons ou des métaphores qui rendront votre description plus expressive.
Remarque : Si l’énoncé vous demande un devoir essentiellement descriptif, imaginez un narrateur en mouvement qui découvrira successivement plusieurs aspects d’un lieu. Des connecteurs temporels et spatiaux (d’abord, ensuite, en tournant au coin de la rue,...) structureront votre devoir.

V. Écrire une lettre.

Une lettre permet d’instaurer une forme de dialogue par écrit entre deux personnes.
a) Établissez, en analysant le sujet, la situation de communication
- L’identité de l’émetteur et du destinataire, les liens qui les unissent (une mère écrit à son fils, une adolescente à l’un de ses amis...)
- Le lieu et la date de l’envoi. Les événements racontés dans la lettre renvoient à cette date, vous utilisez donc le système du présent pour rédiger : présent, passé composé ou imparfait pour les événements passés, futur de l’indicatif pour les faits à venir.
- Le but de la lettre : raconter, décrire, s’informer, convaincre, obtenir quelque chose...
b) Respectez la présentation d’une lettre
- Le lieu et la date figurent en haut et à droite.
- La formule d’appel se trouve en haut, au milieu de la page, et varie selon les liens qui unissent émetteur et destinataire : Mon cher enfant, Cher monsieur,...
Évitez les formules trop familières comme Salut !, même si c’est un adolescent qui écrit...
- La formule d’introduction débute par un alinéa et indique les raisons pour lesquelles on écrit. N’utilisez pas de formules banales (Comment vas-tu ? Moi, je vais bien.), entrez rapidement dans le vif du sujet : Après une semaine sans nouvelles de toi, je commençais à imaginer le pire, aussi ta lettre m’a-t-elle un peu rassurée. (Lettre d’une mère à son fils sur le front)
- Structurez votre lettre en paragraphes.
- La formule de politesse, qui débute également par un alinéa, permet de conclure de façon plus ou moins intime : Je t’embrasse très affectueusement, Amicalement,...

VI. Ecrire un article

a) Présentation de l’article

- Donnez un titre accrocheur à votre article : formule marquante, jeu de mots
- Séparez éventuellement vos paragraphes ou les grandes parties de l’article par des sous-titres. Signez l’article par vos initiales (ou par un nom fictif pour respecter l’anonymat de votre copie).

b) Contenu de l’article
- Adaptez le ton de votre article à vos lecteurs et au sujet proposé : une critique de film peut être humoristique, pas un article sur la dégradation de l’environnement...
- Le journaliste transmet des informations et donne son commentaire : il peut, dans une partie plus argumentative, inciter ses lecteurs à adopter telle ou telle attitude. Renforcez votre opinion par une ou deux phrases exclamatives ou interrogatives, des accumulations, des tournures qui feront apparaître votre jugement et convaincront vos lecteurs : Comment accepter que... ? ; Il est intolérable, inadmissible, indispensable de... ; J’estime ; Je crois fermement à...

VII. Construire une argumentation.

a) L’argumentation insérée dans un texte

La plupart des sujets du Brevet vous demandent d’intégrer à votre devoir (récit, description, lettre, dialogue, article...) une partie argumentative.
- Énoncez clairement votre argument, vérifiez qu’il s’intègre bien au contexte. Ex :Intégrer quelqu’un à un groupe n ‘est pas difficile, à condition de faire quelques efforts.
- Donnez des explications convaincantes qui développent l’argument. Vous pouvez introduire ces explications par un connecteur logique comme “en effet”. En effet, il suffit souvent d’aller vers le « nouveau », de lui demander de parler de lui et de lui proposer de se joindre à une activité collective pour qu’il se sente accueilli et intégré.
- Appuyez votre argument à l’aide d’un exemple précis tiré de votre expérience personnelle, de vos lectures, de l’actualité ou de votre programme d’histoire. L’exemple sera lui aussi introduit par un connecteur logique comme “ainsi”.
Ainsi, lorsqu’une élève est arrivée, le mois dernier, de sa Bulgarie natale, en cours d’année, plusieurs d’entre nous sommes allés la voir et elle nous a parlé de sa vie là-bas et des raisons de son déménagement. Samedi prochain, nous l’avons invitée à une petite fête prévue depuis longtemps et elle est ravie de se joindre à nous. Elle préparera un plat de son pays.

Exercices
1. Trouvez des synonymes de “dire” (III). Remplacez le verbe “dire” par un ou deux synonymes plus expressifs que vous pourrez utiliser dans vos dialogues. Ex. : dire en montrant qu’on souffre> gémir geindre.
1. dire tout bas. 2. dire plusieurs fois. 3. dire très fort. 4. dire avec colère. 5. dire une nouvelle. 6. dire le contraire de ce qui a été dit. 7. dire du mal de quel qu’un. 8. dire un mensonge. 9. dire en coupant la parole. 10. dire qu’on a raison. 11. dire que l’interlocuteur a raison.

2. Imaginez le dialogue qui s’est tenu entre le passeur d’esclave et la première fille qu’il a transporté dans l’état d’Ohio. Celle-ci argumente pour que celui-ci accepte.

3. Faites le portrait d’un personnage des textes que nous avons étudiés cette année. (IV)

4. Rédigez une lettre à un camarade pour lui présenter une passion (danse, musique, sport, peinture…) qu’il ne partage pas. Vous lui expliquerez ce qu’elle vous apporte. (V)

5. Rédigez une critique (bonne ou mauvaise) d’un film qui est sorti cette année en salle. Cherchez un titre accrocheur, informez le lecteur sur le genre du film, l’intrigue, les personnages, les thèmes traités, tout en faisant apparaître votre opinion sur ce film et sans en dévoiler la fin. (VI)

6. Complétez chacun des arguments suivants par une explication (introduite par en effet, de fait…) et un exemple précis (introduit par ainsi, par exemple, on voit clairement que…). Vous obtiendrez un paragraphe argumentatif de six à huit lignes. Respectez la situation de communication de la phrase de départ. (VII).
1. La musique adoucit les mœurs.
2. La pratique d’un sport est enrichissante.
3. Le cinéma est un moyen de s’évader de notre univers quotidien.
4. Voyager, c’est chercher à connaître les autres.
5. Le travail des enfants est inadmissible.
6. Communiquer avec des adultes, lorsqu’on est adolescent, est souvent difficile.

 
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